Le Poète à sa Belle : On pourrait bien sans mal aimer

« Si Amour n’était tant volage Ou qu’on pût le voir en tel âge Qu’il sût les labeurs estimer, On pourrait bien sans mal aimer.

Si Amour avait connaissance De son invincible puissance, Laquelle il doit tant réclamer, On pourrait bien sans mal aimer.

Si Amour découvrait sa vue Aussi bien qu’il fait sa chair nue, Contre tous se veut armer, On pourrait bien sans mal aimer.

Si Amour ne portait les flèches Dont aux yeux il fait maintes brèches, Pour enfin les coeurs consommer, On pourrait bien sans mal aimer.

Si Amour n’avait l’étincelle, Qui plus couverte et moins se celle, Dont il peut la glace enflammer, On pourrait bien sans mal aimer.

Si Amour, de toute coutume, Ne portait le nom d’amertume, Et qu’en soi n’eût un doux amer, On pourrait bien sans mal aimer. » Bonaventure des Periers 1490-1544  (A suivre…la réponse de la belle à son poète)

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