La Cage à Fous

« Ce Monde, comme on dit, est une cage à fous, Où la guerre, la paix, l’amour, la haine, l’ire ,La liesse, l’ennui, Le plaisir, le martyre, Se suivent tour à tour et se jouent de nous.

Ce Monde est un théâtre où nous jouons tous Sous habits déguisés à malfaire et médire. L’un commande en tyran, l’autre, humble,  au joug, soupire. L’un est bas, l’autre haut, l’un jugé, l’autre absous.

Qui s’éplore, qui vit, qui joue, qui se peine, Qui surveille, qui dort, qui danse, qui se gène Voyant le riche saoul et le pauvre jeûnant ?

Bref, ce n’est qu’une farce, ou simple comédie Dont, la fin des joueurs la Parque couronnant, Change la catastrophe en triste comédie. »

Qui écrivit ces vers désabusés, qui n’ont pas pris une ride ? Un contemporain philosophe, accro aux infos télévisées en boucle ? Que nenni, le style est trop soutenu pour notre époque inculte…

Vous donnez votre langue au chat ? Il s’agit d’André Mage de Fiefmelin (1560-1603), poète baroque de confession protestante, originaire de l’ile d’Oléron,  dont la vie est fort mal connue, mais qui mérite -ce me semble- notre estime posthume pour ces quatre vérités qu’il nous assène avec verve et élégance.

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