Paupières

« Il fait jour. Ton regard exilé de ta face Ne trouve pas tes yeux en s’entourant de toi, Mais un double miroir clos sur un autre espace Dont l’astre le plus haut s’est éteint dans ta voix.

Sur un corps qui s’argente au croissant des marées, Le jour mûrit l’oubli d’un pôle immaculé Et mouille à tes longs cils une étoile expirée De l’arc-en-ciel qu’il draine aux racines des blés.

Les jours que leur odeur endort sous tes flancs roses Se cueillent dans tes yeux qui s’ouvrent sans te voir, Et leur aile de soie enroule à ta nuit close la terre où toute nuit n’est que l’oeuvre d’un soir.

L’ombre cache un passeur d’absences embaumées. Elle perd sur tes mains le jour qui fut tes yeux. Et comme au creux d’un lis sa blancheur consumée Abîme au fil des soirs un ciel trop grand pour eux.

Bien peu de cendre a fait ce bouquet de paupières. Et qui n’est cette cendre et ce monde effacé Quand ses poings de dormeur portent toute la terre Où l’amour ni la nuit n’ont jamais commencé ». Joe Bousquet

Repentance, Les vitraux de la chapelle Sainte Repentance

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