Preux Chevalier Revient De Croisade

« Brusquement, après un détour de route, on entre au Châtelet, un soir ou se jouerait à grand spectacle la Passion d’Arnould Greban. Voila Bethléem, voila le Golgotha revus par Hubert Robert et, près de vous au bord de la route, les prairies, les narcisses, les saules, les fontaines, les ruisseaux où Nicolas Poussin campait ses mythologies…la mise en scène a dû coûter les yeux de la tête « ! Ainsi parle de Moustiers-Sainte-Marie le célèbre romancier Jean Giono, qui a si bien chanté sa Provence natale.

A mon tour d’ajouter modestement ma pierre à ce beau paysage. Au temps des croisades, le chevalier Blacas d’Aupt, prisonnier des musulmans en terre sainte, fit ce voeu fort imprudent pour son porte monnaie- « A tes pieds, vierge Marie, je suspendrai ma chaîne d’or, si jamais je retourne à Moustiers ma patrie« -.

Cavaliers de l'Apocalypse (3)

Revenu en son pays après quatorze longues années de captivité, Blacas d’Aupt tint sa promesse, en fer et non en or car il était économe, pour ne pas dire radin. Il évoqua sa crainte des voleurs… et versa une indemnité compensatrice dans les caisses de l’église. Bref ce rapia, pourtant illustre rejeton d’une grande famille provençale, s’en tira à moindres frais…

Depuis le XIIIème siècle, donc, une étoile à cinq branches (diamètre 1m57, poids 180 kg, tout de même) brille ainsi dans le ciel bleu. Accrochée dans la montagne entre deux pics réputés inaccessibles, la chaîne qui la supporte, dite « Chaîne de l’Etoile« est faite de tiges d’acier reliées, elle mesure 227m de long. Le dispositif, pour d’évidentes raisons de vétusté, a tout de même été refait et sécurisé. Il n’en reste pas moins un spectacle grandiose, qui domine et même écrase par sa spiritualité la charmante petite cité provençale de Moustiers, également renommée pour ses faïences.

3 réflexions sur “Preux Chevalier Revient De Croisade

  1. Comme j’aime ces mélanges peinture et texte, ce bel accord qui en résulte et qui crée une émotion en même temps qu’une réflexion. Cette apparente simplicité, presque enfantine du tableau qui côtoie ici l’évocation d’avarice et de foi qui ne sont que miasmes dérisoires, presque risibles déposées au terme de l’épopée des croisades est admirable. Il y a un magnifique écho entre la toile et le texte. Bravo Christine et très belle journée amitiés.

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