Pestilences

« Les pluies les plus abondantes de l’année tombèrent au cours de la dernière semaine d’août 1888. En moyenne, le soleil ne parvint à traverser le brouillard que pendant une heure chaque jour.

Les températures demeurèrent fraîches pour la saison et les feux de charbon qui brûlaient à l’intérieur des maisons ajoutaient encore à la pire pollution qu’ait connue la grande cité de Londres. A l’époque victorienne, il n’existait pas, bien évidemment, de mesures de taux de pollution et le mot smog n’avait pas encore été inventé. En revanche, les problèmes provoqués par le charbon n’étaient pas nouveaux.

On savait, depuis que l’Angleterre avait cessé d’utiliser le bois pour se chauffer, au cours du dix-septième siècle, que la fumée qui se dégageait du charbon en train de brûler nuisait à la santé, ce qui n’empêchait pas les gens de l’utiliser. A la fin des années 1800, la consommation de charbon avait augmenté, surtout parmi les pauvres. Le visiteur qui se rendait à Londres sentait la ville à plusieurs kilomètres avant de la voir.

La Grande Nuit
Entre les mois d’août et novembre 1888, au moins sept femmes furent assassinées dans le quartier le plus pauvre et le plus pestilentiel de Londres, à savoir le tristement célèbre Whitechapel. Panique et terreur régnèrent. Jack l’étrangleur, en dépit de nombreuses théories dont certaines des plus farfelues, n’a jamais été formellement identifié…

Le ciel était plombé et humide, les rues pavées de suie, les maisons en pierre et les constructions en fer étaient rongées. L’épais brouillard de pollution flottait plus longtemps et devenait de plus en plus dense, tandis qu’il prenait une teinte différente d’autrefois. Les cours d’eau qui dataient du temps des Romains étaient devenus si infects qu’ils furent comblés. Un rapport de santé publique rédigé en 1889 déclarait que, à la vitesse à laquelle la ville de Londres se polluait, les ingénieurs seraient bientôt obligés de combler également la Tamise, qui se remplissait des excréments de millions d’habitants à chaque marée. Les gens avaient de bonnes raisons de s’habiller en noir. Et certains jours l’air enfumé et étouffant était si épouvantable, l’odeur qui émanait des égouts si pestilentielle, que les Londoniens se promenaient avec les yeux rouges et les poumons en feu, un mouchoir plaqué sur le nez.  » Patricia Cornwell (Jack l’éventreur, affaire classée)

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