Fréhel, vu du large…

Les flèches de ton phare, Fréhel, sont trop loin pour m’atteindre. Je hurle au vent. Fréhel, tu peux faire briller tes lanternes ! Que m’importe tes flashs ! Transitaire enfin dans les déferlantes, je suis ! Je passe les caps sur le tranchant des vagues. -. Je danse, je plane, avec ma cargaison d’âmes…-

Les autres autour de moi… Et le vent, le vent qui geint comme une bête à l’agonie. Emporte -moi ! Plus loin, plus vite. Pas d’étoiles dans le ciel, seule la nuit écrasée par les trombes d’eau et la brume… La brume qui fait naître les spectres. – Venez ! Pauvres pêcheurs, venez ! En route pour le grand voyage ! Et vous qui regardez, écoutez-moi : -. Accourez, veuves, voici vos maris, voyez vos orphelins, voici vos pères. Entendez-les, leurs murmures et leurs prières. – Calme plat. Silence sur l’océan.

Enfin le scintillement des étoiles au ciel. Clignotements verts, rouges, bleus. Polychrome de la voûte. Et je vogue au-dessus des flots. Les noyés s’accrochent à la coque du navire, se laissant traîner comme des leurres. Avec de grands sourires pleins de dents. Et des orbites vides.

On a passé Fréhel. -. Je suis le dernier mort de l’année, capitaine de vaisseau vers le large. A moi, mes hommes ! – Lumière blanche. » Denis Flageul (Fantôme de mer)

4 réflexions sur “Fréhel, vu du large…

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