Les prolos et les rupins

« Je ne me rendais pas compte que je vivais dans un monde de privilégiés. J’ignorais, par exemple, qu’il y eût des jardins publics et des transports de même. Comment un enfant peut-il savoir que le monde est différent de ce qu’il voit autour de lui lorsqu’il vit en milieu fermé ? Sans avoir l’air d’y toucher, Jules s’arrêtait bavarder avec le cantonnier qui dormait dans sa brouette et déjeunait d’un croûton de pain et d’un oignon, plus quelques olives quand un mécène intervenait. Et Jules de lancer le cantonnier sur son plus grand rêve de richesse dans l’échelle du fonctionnariat : les émoluments d’un instituteur. Le cantonnier en avait appris le montant, cent vingt francs par mois, et cela lui semblait fabuleux. Plus loin, lorsque je trottinais accrochée à sa main, Jules citait ce que nous nous procurions pour cette somme. Une paire de chaussures de chez le bon bottier de Cannes.

. Jules ne se tient pas à sa place – grommelait ma mère, -. S’il continue, les ouvriers le prendront pour leur égal !-. Avec l’oncle Jules, nous descendions le chemin de Pieirro Longuo, étroit, moussu, bruissant d’eau. Au bas, dans un creux humide et ensoleillé, habitait le jardinier du Grand Duc, sa maison était entourée du plus beau potager du quartier. C’était un délice de goûter d’une tomate cueillie à la plante et frottée sur du pain.  » Hélène Tournaire ( Jules Empaillé)

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