Cache-cache au verger

« Il traversait pourtant le verger de biais de telle sorte qu’il ne pourrait éviter de la rencontrer, au moment où elle en sortirait. Si elle restait sous les arbres, il n’aurait qu’à suivre le sentier. De toute évidence, il cherchait à la rencontrer seule, et tout de suite. Il n’avait renvoyé les enfants à la maison que dans ce but. La perplexité l’immobilisa un instant. Ne ferait-elle pas mieux d’accepter courageusement cette rencontre, pour ne plus avoir à y penser ?

Elle aperçut Philip qui pénétrait dans le verger, les derniers rayons de soleil dorant sa chevelure. Ce coup d’oeil suffit pour la convaincre que ce n’était pas l’endroit où il convenait de le rencontrer. Ce verger était trop beau au coucher du soleil, avec ses arbres ployant sous leur fardeau de pommes écarlates, tandis qu’un loriot lançait son chant sur la branche même où pendait son nid vide. Mary quitta en courant le sentier et s’enfonça au milieu des arbres jusqu’à l’estrême limite du verger, jusqu’au hangar où se trouvaient les tonneaux et les emballages destinés aux expéditions. Elle y entra et se réfugia dans un coin sombre où s’accrochaient les toiles d’araignées.

Philip apparut sur le seuil. -. Pourquoi vous cachez -vous ? -. Me cacher… Je viens d’arriver. -. Vous me fuyez et je vais vous dire pourquoi, vous avez honte de votre conduite à mon égard.’Mazo de la Roche (Mary Wakefield)

2 réflexions sur “Cache-cache au verger

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