Ivresses de bohème

 »Jules et moi suivions à la trace un peintre des plus extravagants, le bohème intégral. Il habitait la Villa Blanche, bâtie par un armateur grec, en forme de proue, d’immenses vagues de fleurs précieuses ondulant à l’entour, arrangées pour que la brise en mélangeant leurs senteurs forme un parfum particulier suivant la direction du vent. Les bizarreries du droit rural nous accordaient le passage dans cette mer d’odeurs. Des portes, dont nous avions les clés, nous en permettaient l’accès. Accès de courtoisie, nous ne venions que sur invitation et par la grande entrée. Le peintre nous entraînait alors à la recherche du motif, accompagné de sa suite.

Le chauffeur plantait le chevalet et le pliant. Le valet de chambre disposait le nécessaire : la palette, les couleurs, la bouteille de whisky, et le peintre se mettait au travail, ardemment, ne lésinant ni sur l’huile ni sur l’alcool. Il n’arrêtait qu’à la fin de la bouteille, lorsque son chapeau, jamais le même, lui tombait sur l’oeil. D’un dernier trait de pinceau, il signait : Winston Churchill. Le valet de chambre le guidait alors vers la voiture. » Hélène Tournaire ( Jules Empaillé)

4 réflexions sur “Ivresses de bohème

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