Capharnaum

« Pour comprendre l’architecture des lieux, il aurait fallu savoir de quelle construction, couvent, caserne ou hôtel de maître, ces murs avaient jadis fait partie. Aucun mur n’était d’équerre. Et, si la moitié du sol était formée par un plancher, une autre moitié était pavée de dalles inégales, comme une vieille chapelle. Les murs étaient crépis à la chaux, sauf un rectangle de briques brunes qui devait boucher une ancienne fenêtre. Par la verrière, on apercevait un pignon, une gouttière, et encore des toits inégaux à l’arrière-plan, du côté de la Meuse.

Mais c’était le moins inattendu. Le plus étrange, c’était l’aménagement du local, d’une incohérence qui frisait le cabanon, ou la grosse farce. Par terre, en désordre, des chaises neuves, inachevées, une porte couchée de tout son long, des pots à colle forte, des scies cassées et des caisses laissant échapper de la paille ou des copeaux…/

/… Il y avait encore les murs ! Les murs blancs qui avaient été recouverts de dessins, voire de peinture à la fresque ! Et cela formait le plus saugrenu des désordres : des personnages grimaçaient, on lisait des inscriptions dans ce genre –Vive Satan, grand -père du monde! – Par terre, une bible au dos cassé, ailleurs des croquis chiffonnés, des papiers jaunis, couverts d’une épaisse couche de poussière. Une inscription encore, au-dessus de la porte : -Bienvenue aux Damnés!-  » Georges Simenon (Le pendu de Saint-Phollien)

2 réflexions sur “Capharnaum

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