Le marchand de bébés

 »-. Il était une fois un grand magasin où l’on ne vendait que des bébés. L’on en trouvait là de toutes les couleurs, des gris, des noirs, des jaunes, des roses, des rouges et même des mauves. Il y en avait de toutes les tailles et de tous les poids, des maigres, des gros, des moyens. Il y en avait des jolis, des horreurs et beaucoup d’autres encore qui n’étaient ni beaux ni laids. On les voyait tous attachés au plafond comme des balles ou des cerceaux dans un bazar, et il fallait prendre un long bâton pour les décrocher.

La boutique était aussi bruyante qu’une immense cage à oiseaux. Mais le marchand n’avait jamais mal à la tête, parce qu’il avait la chance d’être un peu sourd. Les bébés pouvaient rire, crier, chanter, gigoter au bout de leurs ficelles, le marchand ne levait pas les yeux du gros livre sur lequel il passait son temps à faire des additions très difficiles.

Mais quand la sonnette de la porte annonçait l’arrivée d’un client, le bonhomme entendait bien tout de même, et il se précipitait à la rencontre du client. Il recevait une grande quantité de monde, car c’est chez lui que les papas et les mamans de la terre entière venaient acheter leurs enfants. » André Berge (Séraphine)

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