Le poète prend son envol

Il a vécu tantôt gai comme un sansonnet, Tour à tour amoureux insoucieux et tendre, Tantôt sombre et rêveur comme un triste Clitandre, Un jour il entendit qu’à sa porte on sonnait.

C’était la mort ! Alors il la pria d’attendre Qu’il eût posé le point à son dernier sonnet. Et puis sans s’émouvoir, il s’en alla s’étendre . Au fond du coffre froid où son corps frissonnait.

Il était paresseux, à ce que dit l’histoire, Il laissait trop sécher l’encre dans l’écritoire. Il voulait tout savoir mais il n’a rien connu.

Et quand vint le moment où, las de cette vie, Un soir d’hiver, enfin l’âme lui fut ravie. Il s’en alla disant : -. Pourquoi suis-je venu ?– » Gérard de Nerval (1808 -1855)

5 réflexions sur “Le poète prend son envol

  1. Très bonne inspiration. J’aurais pensé L’Envol le nez en l’air plutôt que l’air sous mes pieds. Ne serait-ce pas le souvenir de l’avoir réussi et de ne plus connaître ce fort sentiment de la découverte ?

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