Brandir le poing… terrasser la vipère

 »-.Je saisis la vipère par le cou, exactement au-dessus de la tête, et je serrais, voilà tout. Cette détente brusque, en ressort de montre qui sort hors du boîtier -et le boîtier pour ma vipère s’appelait la vie- ce réflexe désespéré pour la première et la dernière fois en retard d’une seconde, ces enroulements,
ces déroulements, ces enroulements froids autour de mon poignet, rien ne me fit lâcher prise.

Par bonheur, une tête de vipère, c’est triangulaire (comme Dieu, son vieil ennemi), et monté sur un cou mince, où la main peut se caler. Par bonheur, une peau de vipère, c’est rugueux, sec d’écailles, privé de la viscosité défensive de l’anguille. Je serrais de plus en plus fort, nullement inquiet, mais intrigué par ce frénétique réveil d’un objet apparemment si calme, si digne de figurer parmi les jouets de tout repos.  »Hervé Bazin (Vipère au poing)

2 réflexions sur “Brandir le poing… terrasser la vipère

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s