Impudeur

 »-. Je n’avais pas fait dix pas dans la rue Princesse que mon ogresse m’a rattrapé et s’est suspendue à mon bras. Avec sa chevelure en colère, ses lèvres peintes, elle m’a fait penser à une de ces Gorgones qui poursuivent les humains, et qui sont le reflet de leur culpabilité, l’image déformée d’eux-mêmes. J’ai vu en elle, ce jour fatidique, une envoyée du Destin, venue me faire honte et me délivrer aussi d’un sort qui m’enchaînait.

Autre clin d’oeil de la fatalité, le bar de mon hôtel était fermé. Si je voulais offrir un dernier verre à ma Méduse, je n’avais d’autre choix que de faire monter du champagne dans ma chambre. Ce que je fis. Cela faisait trente ans que je n’avais pas couché avec une femme. Depuis la mort de Yasmina. Castré par la tristesse. Castré par la culpabilité aussi.

Et voilà que cette Maguy Roches a fait preuve d’exorciste. Sa boulimie sexuelle, ses poses vicieuses, ses mots obscènes, m’ont rendu ma vigueur. En me souillant contre sa peau, j’ai commencé à guérir, et je l’ai prise, comme un possédé, dans une folie diabolique, une hallucination morbide, deux fois, trois fois. Elle s’est endormie enfin, avec des bruits d’évier qu’on débouche  ». Jean – Jacques Fiester (Tiré à part)

50 x60.cm  » Impudique », poème de Mahéva Oblin

5 réflexions sur “Impudeur

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