La maison dans les Cévennes

 ». Et puis un beau matin, en pleines Cévennes, d’un chemin qui tourne sec au-dessus d’un angoissant ravin, voilà qu’elle se jette dans nos yeux, la maison. De toute sa caillasse noire et pointue, de toute sa masse compacte dressée sur la cuvette renversée des espaliers noirs, elle nous fait signe, elle se fait reconnaître.

Le vendeur, que nous avions relégué sur la banquette arrière à côté de l’agent immobilier, retrouve sa faconde en même temps que le sol ferme. Il nous précède, court, gesticule, bonimente, pousse sa grosse brioche dans les broussailles, sur les escaliers de chèvre menant, d’un espalier l’autre, jusqu’à la petite rivière qui -nous assure-t-il- ne tarit jamais même au plus fort de l’été. –. Cette maison, voyez-vous, plus vous y viendrez, plus vous l’aimerez. Tenez, là, sur ce traversier…

Traversier ! Le mot m’accroche. Obstacle, passage, ennemi, raccourci, traversier, c’est un mot magique qui chante comme la flûte traversière, un mot croisillonné qui ressemble aux chemins de vie, mais ici, qu’est-ce que c’est ? Les traversiers cévenols sont tout simplement les marches de cet escalier de géant, étayé par des murettes en pierraille aiguë, luisante, la pierre même dont la maison est bâtie. » Albertine Sarrazin ( La Traversière)

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