Laide, comme les sept péchés capitaux

 »-. Tu es laide comme les sept péchés capitaux, murmura-t-elle en tchèque, sa langue natale. Tu n’as vraiment pour toi que ton intelligence. Mais cela, Dieu merci, personne ne peut l’avoir, personne ne peut te le prendre.-

C’était une formule dont elle usait depuis longtemps pour se redonner du courage, lorsqu’elle se sentait déprimée ou qu’elle était inquiète. Deux choses seulement lui faisaient peur. A l’encontre de certaines femmes, elle n’avait jamais eu à redouter de perdre sa beauté. La mort non plus ne lui causait aucun effroi et elle n’avait jamais été malade. Elle craignait uniquement de perdre son argent et d’aller en prison. Bien avant d’être une femme riche et redoutée, elle avait passé trois mois en prison à Vienne et sa détention lui avait laissé un souvenir de cauchemar.

Et maintenant ses anciennes terreurs la reprenaient. Les places financières de l’Europe devenaient de moins en moins sûres. Elle n’avait plus confiance dans les banques où elle avait déposé ses fonds et elle se demandait s’il ne serait pas sage de faire émigrer ses capitaux en Amérique, bien que ce dernier pays commençât à être, lui aussi, en proie à une agitation de mauvais augure. » Louis Bromfield (Les nuits de Bombay)

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