Pause-tisane

 »-. Le planteur des états du Sud devait rester maître de lui en toutes circonstances, ne jamais poser de questions aux femmes, ne leur offrir que des fleurs ou des livres et se plier à toutes leurs volontés. Autorisé expressément à faire sa cour, il ne pouvait décemment s’exprimer que dans un langage inspiré de celui des troubadours. Le temps était à peine révolu où l’on organisait des tournois aux couleurs de sa dame. Pour satisfaire aux exigences de la chair, que le planteur ressentait sans honte et en homme bien portant, il pouvait s’adresser à de jeunes esclaves de sa plantation, qu’on appelait tisanières et dont il sollicitait le concours nocturne en réclamant, une fois la maison endormie, une infusion de tilleul ou de sassafras.

Les jeunes filles ignoraient pudiquement ces concessions triviales faites à la nature de l’homme. Les femmes mariées et migraineuses, quand leurs maris conservaient ces moeurs de célibataire, évitaient de s’en apercevoir. Elles laissaient leurs enfants jouer avec les petits bâtards mulâtres, engendrés entre deux tisanes. Ils n’étaient après tout que des esclaves qui n’avaient rien coûté. » Maurice Denuzière( Louisiane)

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