Le fantôme qui hantait le château

 »-. Othon succéda à la baronnie de Lindenberg. Le meurtre ne fut attribué qu’à la nonne qui avait disparu, et personne ne le soupçonna d’avoir été l’instigateur de cette action. Mais si son crime ne fut pas puni par les hommes, la justice de Dieu ne le laissa point jouir en paix de ses honneurs tâchés de sang. Les os de Béatrix étant restés sans sépulture dans la caverne, son âme errante continua d’habiter le château.

Revêtue de ses habits religieux, en mémoire de ses voeux enfreints, armée du poignard qui avait bu le sang de son amant, et tenant la lampe qui avait guidé ses pas fugitifs, chaque nuit elle était debout devant le lit d’Othon. La plus effrayante confusion régnait dans le château. Les salles voûtées retentissaient de cris et gémissements. Et le spectre, en rôdant le long des galeries, proférait un mélange incohérent de prières et de blasphèmes.

Othon n’eut pas la force de soutenir le choc de cette vision épouvantable. L’horreur s’accrut à chaque apparition nouvelle. Ses alarmes à la fin devinrent si intolérables que son coeur se brisa, et qu’un matin dans son lit, on le trouva entièrement privé de chaleur et de mouvement. Sa mort ne mit pas fin aux désordres nocturnes. Les os de Béatrix continuaient d’être privés de sépulture, et son fantôme continua de hanter le château. » Matthew G. Lewis (Le Moine)

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