Typhus

 »-. Tandis que la maladie était devenue l’hôte de Lowood, que la mort y faisait de fréquentes visites, que la tristesse, la peur régnaient dans ses murs, que les chambres, les couloirs, dégageaient des vapeurs aux odeurs d’hôpital, médicaments et pastilles luttant en vain contre les émanations mortelles, le mois de mai, sans le moindre nuage au ciel, brillait sur les fières collines et les bois magnifiques.

Le jardin, lui aussi, était resplendissant de fleurs, les roses trémières avaient atteint la hauteur des arbres, les lis s’étaient ouverts, les tulipes et les roses venaient de s’épanouir. Les bordures des parterres s’égayaient de gazon d’Espagne rose et de marguerites doubles cramoisies, les églantiers odorants répandaient matin et soir leur parfum de pommes et d’épices. Mais tous ces trésors embaumés n’étaient rien pour la plupart des hôtes de Lowood, si ce n’est pour fournir de temps en temps une poignée de verdure et de fleurs destinées à un cercueil.

Quant à moi, et à toutes celles qui restèrent en bonne santé, nous jouissions pleinement des beautés du paysage et de la saison. On nous laissait vagabonder dans le bois, comme des bohémiens du matin au soir. Nous faisions ce que nous voulions, nous allions où bon nous semblait, nous vivions mieux ainsi. » Charlotte Brontë ( Jane Eyre)

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