La petite école de village

 »-. C’est le soir. J’ai congédié la petite orpheline qui me tient lieu de servante, après lui avoir donné une orange pour son salaire. Je suis assise seule, près de l’âtre. J’ai ouvert ce matin l’école du village avec mes vingt élèves. Trois seulement savent lire, aucune ne sait écrire, ni compter. Plusieurs tricotent, quelques-unes font un peu de couture. Elle parlent avec l’accent le plus accusé de la région. Pour le moment, nous avons de la peine à nous comprendre mutuellement.

Certaines ont des manières frustes, elles sont rudes, intraitables, aussi bien qu’ignorantes. Mais d’autres sont dociles, ont le désir d’apprendre et montrent des dispositions qui me font plaisir. Je ne dois pas oublier que ces petites paysannes ne sont pas d’une chair et d’un sang moins bons que les rejetons des familles dont la généalogie atteste la plus haute noblesse. Les germes de qualités natives exceptionnelles, de délicatesse, d’intelligence, de sentiments généreux, peuvent aussi bien exister dans leurs coeurs que dans celui des enfants mieux nés. Mon devoir sera de développer ces germes, et j’arriverai bien à trouver quelque bonheur dans l’accomplissement de cette tâche. » Charlotte Brontë (Jane Eyre)

3 réflexions sur “La petite école de village

  1. Ping : La petite école de village — L’atelier peinture de Christine | l'eta' della innocenza

  2. Ping : La petite école de village — L’atelier peinture de Christine | Life Park

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s