Le perroquet du maître coq

 »-. Entre, me disait-il, entre et viens tailler une bavette avec le vieux John. Ça fait rudement plaisir de te voir, mon fils. Assieds-toi et écoute les nouvelles. Y a que le capitaine Flint, c’est comme ça que j’appelle mon perroquet en souvenir du fameux boucanier, y a que le capitaine Flint qui nous prédit un heureux voyage. Pas vrai, capitaine ?

Et l’oiseau se mettait à répéter : -. Pièces de huit ! Pièces de huit !– avec tant de rapidité que je m’en émerveillais qu’il n’en perdit pas le souffle, jusqu’au moment où John lançait son mouchoir sur la cage.

-. Tu vois, poursuivait le maître coq, cet oiseau-là, peut-être bien qu’il a deux cents ans.Y en a qui vivent éternellement, pour ainsi dire, mais seul le diable a vu plus d’atrocités que celui-là. Il a navigué avec le grand capitaine England, le pirate. Il a été à Madagascar, à Malabar, à Surinam, à Providence, à Portobello. Il a assisté au repêchage des galions naufragés. C’est là qu’il a appris à dire -. Pièces de huit !-, et ça n’a rien d’étonnant. Il a assisté à l’abordage du Vice-Roi des Indes, au large de Goa. A le voir comme ça, on croirait que c’est un enfant, mais tu as senti la poudre, pas vrai, capitaine ?

-. Attention, pare à virer !– criait l’oiseau ». Robert-Louis Stevenson (L’Ile au trésor)

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