Vient l’automne, à pas feutrés

 »-. A pas de loup, l’automne était venu. L’auberge de la Gardelle était maintenant cernée par les teintes violentes sur le pelage des arbres. Tout autour, les bois dressaient une barrière de feu et d’ocre dont, parfois, des feuilles s’envolaient, comme pressées d’en finir, de mourir à cause des regrets de l’été qui s’enfuit laisse au coeur des vivants.

Les chênes isolés résistaient encore à la rouille et les peupliers compensaient leur faiblesse grâce à la richesse d’ors transparents avivés par le brassage infatigable du vent dans les fonds de vallées, où il s’attardait avant de repartir pour des courses éperdues. Au plein des bois, les érables tentaient le même effort, ils étaient alors des feux isolés, des explosions incarnates, sur la couleur uniforme et paisible de l’autre incendie qui n’avait pas les mêmes éclats et se contentaient de rougeoyer comme un foyer tisonné. L’air avait la douceur extrême qui convient à des malades, même si cette délicatesse excessive présageait l’arrivée des premiers souffles glacés qui descendraient du nord avec les manières rudes, les gestes brutaux des bourrasques.’‘ Jean-Louis Magnon (Hautes Terres)

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