Tu ne me chercherais pas, si tu m’avais déjà trouvé

 »-Il y a un terrible gris de poussière dans le temps Un vent du Sud avec de fortes ailes Les échos sourds de l’eau dans le soir chavirant Et dans la nuit mouillée qui jaillit du tournant des voies Rugueuses qui se plaignent Un goût de cendre sur la langue Un bruit d’orgue dans les sentiers Le navire du coeur qui tangue Tous les désastres du métier.

Quand les feux du désert s’éteignent un à un Quand les yeux mouillés sont comme des brins d’herbe Quand la rosée descend les pieds nus sur les feuilles Le matin à peine levé Il y a quelqu’un qui cherche Une adresse perdue dans le chemin caché Les astres dérouillés et les fleurs qui dégringolent A travers les branches cassées Et le ruisseau obscur essaie ses lèvres molles à peine décollées.Quand le pas du marcheur sur le cadran qui compte Règle le mouvement et pousse l’horizon Tous les cris sont passés tous les temps se rencontrent Et moi je marche au ciel les yeux dans les rayons Il y a du bruit pour rien et des noms dans ma tête Des visages et des yeux vivants.

Tout ce qui s’est passé au monde Et cette fête Où j’ai perdu mon temps.- » Pierre Reverdy, extrait de  »Sources du vent »

40x40cm Carabistouilles

3 réflexions sur “Tu ne me chercherais pas, si tu m’avais déjà trouvé

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