Tel un oiseau sur la branche

 »-. S’il était, jusque-là, vêtu de peaux de bêtes, depuis le haut jusques en bas, il ornait désormais sa tête de plumes comme les aborigènes d’Amérique, des plumes de huppe ou de verdier, aux couleurs vives. Il en semait même sur ses vêtements. Il finit par se faire des habits à queue entièrement couverts de plumes et par adopter les habitudes des oiseaux. Il tirait des troncs des lombrics et des larves, à la façon des pics, et s’en vantait comme de la possession d’un trésor.

Devant ceux qui se rassemblaient sous les arbres pour l’écouter et se moquer de lui, il commença à prononcer l’apologie des oiseaux, il se proclamait tantôt pigeon colombin, tantôt 🦉, tantôt rouge-gorge, se camouflant de manière adéquate, et prononçant des réquisitoires contre les hommes qui ne savent pas discerner dans les bêtes à plumes leurs vrais amis. Réquisitoires qui s’adressaient en fin de compte à toute société humaine, sous forme de paraboles. Les oiseaux s’étaient aperçus de son changement et venaient près de lui, même quand il avait un auditoire à ses pieds. Ainsi pouvait-il illustrer son discours d’exemples vivants empruntés aux branches voisines. » Italo Calvino ( Le Baron Perché)

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