Voyage en pays glacé

 »-. Pendant que chacun des voyageurs se laissait aller à des réflexions diverses, le traîneau volait sur l’immense tapis de neige. S’il passait quelques creeks affluents ou sous-affluents de la Little-Blue-River, on ne s’en apercevait pas. Les champs et les cours d’eau disparaissaient sous une blancheur uniforme. La plaine était absolument déserte. Comprise entre l’Union Pacific Road et l’embranchement qui doit réunir Kearney à Saint- Joseph, elle formait comme une grande île inhabitée. Pas un village, pas une station, pas même un fort.

De temps en temps, on voyait passer comme un éclair quelque arbre grimaçant, dont le blanc squelette se tordait sous la brise. Parfois des bandes d’oiseaux sauvages s’élevaient du même vol.

Parfois aussi, quelques loups de prairies, en troupes nombreuses, maigres, affamés, poussés par un besoin féroce, luttaient de vitesse avec le traîneau. Alors Passepartout, le revolver à la main, se tenait prêt à faire feu sur les plus rapprochés. Si quelque accident eût alors arrêté le traîneau, les voyageurs, attaqués par ces féroces carnassiers, auraient couru les plus grands risques. Mais le traîneau tenait bon, il ne tardait pas à prendre de l’avance, et bientôt toute la bande hurlante restait en arrière. » Jules Verne (Le Tour du Monde en quatre-vingt jours)

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