Perché sur un arbre… Et dans sa tête !

 »-. Que Côme eût la tête dérangée, on le disait à Ombreuse depuis le jour où, à douze ans, il était monté dans les arbres et avait refusé d’en descendre. Mais par la suite, comme il arrive souvent,tout le monde avait accepté sa folie. non pas seulement son idée fixe de vivre dans les hauteurs, mais aussi les multiples bizarreries de son caractère. Tous le considéraient comme un original, sans plus. Dans la pleine saison de ses amours avec Juliette, il y eut des manifestations de joie dans des idiomes incompréhensibles. On fut particulièrement choqué par celle à laquelle il se livra lors de la fête patronale, la plupart la jugèrent sacrilège, interprétant ses paroles comme un cri hérétique, peut-être un cri carthaginois -la langue des Pélasiens- ou bien comme une profession de socinianisme, qu’il aurait faite en polonais. Dès lors,le bruit commença de courir –. Le Baron est devenu fou !-. Et les bien-pensants d’ajouter -. Comment pourrait devenir fou quelqu’un qui l’a toujours été ?-

Au milieu de ces jugements contradictoires, Côme était devenu fou pour de bon. » Italo Calvino (Le Baron perché)

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