Crépuscule

 »-. Le soleil était presque au bas du firmament, lorsque l’ouest s’emplit d’une nuée tremblotante, qui se disjoignait continuellement, et où les Oulhamr reconnurent une étrange migration d’oiseaux. Avec un bruit de vent et d’onde, les bandes rauques des corbeaux précédaient les grues aux pattes flottantes, les canards dardant leurs têtes versicolores, les oies aux outres pesantes, les étourneaux lancés comme des cailloux noirs. Pêle-mêle affluaient des grives, des pies, des mésanges, des sansonnets, des outardes, des hérons, des engoulevents, des pluviers et des bécasses.

Sans doute là-bas, derrière l’horizon, quelque rude catastrophe les avaient épouvantés et chassés vers des terres nouvelles. Au crépuscule, les bêtes velues surgirent. Les élaphes galopaient éperdument, avec les chevaux vertigineux, les mégacéros ronflants, les saïgas aux pattes fines. Des hordes de loups et de chiens passaient en cyclone, un grand lion jaune et sa lionne faisaient des bonds de quinze coudées devant un clan de chacals. Beaucoup firent halte auprès du marécage et s’abreuvèrent.

Alors, la guerre éternelle, suspendue par la panique, se ralluma. Un léopard bondit sur la croupe d’un cheval et se mit à lui ronger la gorge. Des loups fondirent sur une horde de saïgas, un aigle emportait un héron dans les nuées. Le lion, avec un long rugissement, épiait les proies fugitives. » J.H.Rosny Aîné (La guerre du feu)

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