Chat alors !

 »-. Ainsi donc, des merveilles de Bombay, il ne songeait à rien voir, ni l’hôtel de ville, ni la magnifique bibliothèque, ni les forts, ni les docks, ni le marché au coton, ni les bazars, ni les mosquées, ni les synagogues, ni les églises arméniennes, ni la splendide pagode de Malebar-Hill, ornée de deux tours polygones. Il ne contemplerait ni les chefs-d’oeuvre d’ Elephanta, ni ses mystérieux hypogés, cachés au sud-est de la rade, ni les grottes Kanhérie de l’île Salette, ces admirables restes de l’architecture bouddhiste !

Non, rien ! En sortant du bureau des passeports, Phileas Fogg se rendit tranquillement à la gare, et là il se fit servir à dîner. Entre autres mets, le maître d’hôtel crut devoir lui recommander une certaine gibelotte de  »lapin du pays », dont il lui dit merveille.

Phileas Fogg accepta la gibelotte et la goûta consciencieusement. Mais en dépit de sa sauce épicée, il la trouva détestable. Il sonna le maître d’hôtel. –. Monsieur, c’est du lapin, cela ? -. Oui, mylord, répondit effrontément le drôle, du lapin des jungles. -. Et ce lapin n’a pas miaulé quand on l’a tué ? -. Miaulé, oh mylord, un lapin, je vous jure… -. Monsieur le maître d’hôtel, ne jurez pas et rappelez-vous ceci. Autrefois, dans l’Inde, les chats étaient considérés comme des animaux sacrés. C’était le bon temps. -. Pour les chats, mylord ? -. Et peut-être pour les voyageurs ! » Jules Verne (Le tour du monde en quatre-vingt jours)

2 réflexions sur “Chat alors !

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s