Destin de fille

 »-. Un matin de 1414, la demoiselle d’honneur spécialement chargée du service personnel de Jacqueline, entra dans la chambre de la comtesse sa mère et lui montra une chemise tâchée de sang. -. Cette nuit, dit-elle…

La veille, en se couchant, la jeune fille s’était plainte de maux de tête. La comtesse soupira, ainsi Jacqueline était nubile. Finie, pour elle, l’heureuse insouciance, elle allait connaître les crampes menstruelles, les maternités, les soucis de gouvernement des comtés, auxquels son père allait l’associer. Ce soir, il y aurait grande fête au château. Jacqueline allait prendre place à côté de son père, elle était désormais la première femme du Hainaut. Sa mère en fut à peine jalouse. Elle s’était, depuis longtemps, résignée à n’avoir jamais la première place.

C’est alors que Nicaise, l’écuyer du comte, vint, essoufflé, informer qu’on avait assisté dans les campagnes à un étrange combat sans merci entre les oiseaux. Les geais, les pies, les hérons, les corbeaux et même les perdreaux, les merles, s’étaient déchirés du bec et des ongles, et des centaines de cadavres au plumage ensanglanté gisaient dans les clairières et les labours. Qu’annonçait ce massacre des oiseaux, le jour même où Jacqueline entrait dans son destin de femme ? La comtesse fit le signe de la croix. » Suzanne Chantal (Les anneaux d’or)

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