Craindre Yvan, prier Dieu

 »-. Plus Yvan le Terrible vieillissait, plus sa cruauté augmentait. Il n’avait plus d’amis, et nul d’ailleurs n’ambitionnait ce titre. Être l’ami d’Yvan IV, c’était vivre sous le gibet… Avec comme perspective l’aveuglement, l’arrachement de la langue, l’émasculation… Que l’on pouvait cependant considérer comme des témoignages de la faveur du souverain. Deux boyards seulement vivaient encore dans l’entourage du Tsar. Le lourd Boris Godounov qui attendait l’heure de la mort du tsar. Et le prince Chouīsky, le bel esprit, l’élégant intriguant, chez qui Godounov entretenait l’idée qu’il pourrait devenir le futur tsar, tout en préparant en secret les assises de sa puissance personnelle.

A Moscou, la peur régnait. Pas un jour ne s’écoulait sans qu’il y eût une exécution. Dans les églises, les croyants priaient et chantaient des cantiques pour la préservation de leur vie dans toute l’acception de ce terme. Et lorsque le tsar avait fait exiler puis assassiner le grand Pope de Moscou, l’Église comprit à son tour que, si Dieu paraissait loin, Yvan IV était omniprésent et il semblait préférable d’honorer le tsar plutôt que le Christ qui, sans doute, aimait les martyrs mais ne les protégeait pas.

Vieil homme aigri, cruel, qui se sentait proche de sa fin, mais ne se résignait pas à mourir, car il avait peur jugement de Dieu. Et pourtant, en ces dernières années, Yvan priait plus qu’il ne régnait et sans relâche faisait bâtir de nouvelles églises. » Konsalik (Amour Cosaque)

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