Livres de chevet

 »-. J’ai replongé dans mes sacs, j’en ai sorti la vingtaine de livres emportés avec moi. Corrections de Thomas Bernhard. Abrégé d’histoire de la littérature portative de VilaMatas. Les Géorgiques de Claude Simon, le livre le plus plein jamais écrit, ai-je toujours pensé, le plus densément vivant, bourré jusqu’à saturation de trains immobiles dans l’hiver et de déflagrations d’obus et de champs de blé ondoyants et d’heures d’attente nocturnes sur des chevaux raidis par le gel.

El coronel no tiens le escriba de Garcia Marquez, où un vieil homme tombé dans la misère attend. Attend toujours une pension de vétéran qui ne vient pas, et, en attendant, préfère crever de faim plutôt que de renoncer à la seule fierté qui lui reste, son coq de combat.

Pour un Malherbe, de Francis Ponge, qu’il me suffit de reparcourir les jours de découragement pour me sentir revigoré, rempli de décision,de foi. – Nous sommes allés à la mer, nous avons constaté son humeur forte et amère, et comme les plantes des dunes résistent en colère contre le vent, accrochées pourtant en nulle autre part que dans le sable. Nous sommes à la fois la mer et les dunes, et bien capables d’en faire autant. Nous, perdus dans la foule. Nous qui voyageons en troisième. Nous qui ne savons pas comment vivre, et qui n’avons pas le goût de la bohème. » Sylvain Prud’homme (Par les routes)

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