Le temps des colchiques, le temps des frimas

 »-. Les saisons se succédèrent. Il y eut le temps des colchiques dans les prés, celui des vendanges, celui des marrons cuits sous la cendre et du cidre nouveau. Les feuilles blondirent. Rougirent, jonchèrent la cour. Dès le matin, on allumait un grand 🔥 dans la salle avec les tisons de la veille demeurés incandescents, et on remplissait de paille les sabots.

Les premières gelées blanches firent leur apparition. Le sol durci résonna sous les pas des chevaux. On tua trois cochons, on les sala, on les fuma pour les jours de disette. A la Saint- Michel, Louis paya ses journaliers et en loua d’autres. A la Saint-Martin, comme il se doit, les labours et les semailles d’automne se trouvèrent achevées.

Puis le froid s’installa. Après la pluie, vint la neige. Une clarté blafarde emplissait la maison dès qu’on ouvrait la porte. Une pelisse d’hermine fourrait la campagne, étoffait les arbres les plus grêles, transformait les horizons familiers en steppes immaculées. Denise grondait les enfants qui rentraient trempés après des batailles de boules de neige.

Un peu avant Noël, les 🐺 se montrèrent. La nuit, on les entendait gratter contre la porte des étables, hurler à la lune et se battre pour quelque proie. Des moutons et des chèvres disparurent. Les hommes du village se mirent en chasse, firent des battues, tuèrent plusieurs fauves. » Jeanne Bourin (Très sage Héloïse)

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