Le jardin d’Héloïse

 »-. Dame Guenièvre, qui était remuante de nature, n’avait pu résister à la douceur de la matinée qui s’annonçait. Elle était sortie pour marcher un peu à travers la rosée et pour respirer l’air rafraîchissant.

Le jardin potager, où elle se trouvait, était clos à mi-hauteur de murs que garnissaient des treilles et des poiriers en espaliers. Il descendait en pente douce vers la rivière courant entre les berges tapissées d’herbe drue, de roseaux et de touffes d’iris violet. Des pommiers en fleurs épanouissaient leur roseur au-dessus des plates-bandes où se mêlaient des plants de jeunes fèves, des raves et des jacinthes, des laitues, des choux cabus et des giroflées, des pieds d’artichauts, de l’oseille et des rosiers sur tige.

Dame Guenièvre, qui avait l’odorat fin, sentit des arômes balsamiques charriés par la brise. Elle se dirigea vers le côté d’où venait cette odeur qu’elle aimait, et découvrit, dans un jardin d’herbes entouré de buis taillé, toute une foule de plantes condimentaires qu’on cultivait à l’écart des autres. Romarin, sauge, persil, marjolaine, sarriette, fenouil, menthe, valériane se confondaient en un fouillis vert et parfumé.

Se pouvait-il vraiment que, si près de ce verger printanier, Héloïse fût en train de mourir ? Comme elle avait dû aimer ce coin de terre, la grande abbesse, pour faire du sol inculte qu’ Abélard lui avait donné un jardin si parfait !’‘ Jeanne Bourin (Très sage Héloïse)

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