Carnets d’Occupation

 »-. Dans l’écriture d’Isaac comme dans les faits divers bruts, tout passe par la bande. La déclaration de guerre en septembre 39, Isaac ne la mentionne pas, mais il signale le départ d’Etienne mobilisé en même temps que les vachers, les éclusiers. L’armistice de 40 n’apparaît pas davantage, mais il note les trois gendarmes qui, sur ordre de la préfecture, un mois avant l’exode de mai, ont embarqué le palefrenier espagnol Llessuy pour le boucler dans un camp de concentration.

Et les trains supprimés qui empêchent de livrer le bois. Et la course aux navets pour nourrir les cochons. Et la première réquisition de trois chambres, dans la maison, pour loger les Allemands. Et les lamentations de Noémie qui manque de légumes, de poulets. Auxquelles répond la politesse du régisseur -. Avec ma respectueuse et meilleure volonté habituelle, je ne peux faire mieux-. Et les rideaux brûlés par le soleil dans la chambre du Commandeur Vainqueur que Valérie raccourcit, car on n’en trouve pas de neufs. Et le vol, par les occupants, de quinze mètres cubes de bon fumier. Et les tractations avec eux :-. Vous réquisitionnez notre poisson, alors donnez-nous du pétrole pour les lampes des éclusiers-. » Michelle Perrein (Les Cotonniers de Bassalane)

Petits trocs du quotidien : poissons contre pétrole

2 réflexions sur “Carnets d’Occupation

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