Le Panier de Marseille

 »-. Ce quartier, peuplé de petites gens et de mauvais garçons, d’émigrés italiens, arméniens, juifs, indonésiens, de navigateurs, de nervis et de putes, dans un brassage ethnique extraordinaire, se nomme Le Panier. Mais, ne nous y trompons pas, le dessus du panier ne loge pas ici. Il tient ses belles demeures au sud, de l’autre côté du port, après le quai de Rive-Neuve.

N’empêche, le coeur de l’antique cité ne battait pas ailleurs que là, sous la protection du clocher des Accoules, dans ces vieux quartiers enchevêtrant leurs travioles chaudes et mal famées, parfois à peine larges comme une brouette. Les vagues du progrès s’arrêtaient au pied des immeubles vétustes, où le linge pendu aux fenêtres claquait les jours de vent. Les noms des rues perpétuaient une poésie dont les habitants, par habitude, n’éprouvaient plus la puissante magie : rue des Belles-Écuelles, montée du Saint-Esprit, rue de la Taulisse ou rue Torte, rue de la Lorette, rue Coq-d’Inde, place de l’Observance, rue de la Vieille-Tour, rue du Refuge…

50x70n » Montée des fleurs »

L’une d’elles, très pentue, méritait le nom de Fontaine-des- Vents. Et c’est vrai qu’il y soufflait plus de violence que partout ailleurs. Enfant, les jours de grand Mistral, le jeu consistait à la monter contre le courant d’air, bras écartés… » Georges N’Guyen Van Loc (Le Chinois)

4 réflexions sur “Le Panier de Marseille

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