Chez les Ursulines, cloîtrée

 »-. La chapelle dans laquelle nous entrâmes d’abord est très élevée, mais peu spacieuse en face de la porte, qui ouvre sous une espèce de portique, est placé un autel d’un beau style, et richement décoré. De chaque côté est une grille, dont l’une communique à l’infirmerie, et l’autre au chœur des religieuses. Notre conducteur sonna une petite cloche, et sur-le-champ un rideau placé derrière cette dernière grille s’ouvrit.

La belle Ursuline qui vint à la grille pour ouvrir le rideau nous parut être une de ces intéressantes créatures qui ont déjà commencé à sentir toute l’horreur de leur situation. Et qui déplorent dans le silence la témérité d’un voeu qui les sépare pour jamais du monde entier. Et qui leur interdit ces plaisirs innocents auxquels le bienfaiteur auteur de la nature a voulu, par des motifs pesés dans sa sagesse infinie, que toutes ses créatures participassent.

En ouvrant le rideau, elle ne put s’empêcher de jeter sur nous un de ces regards furtifs qui font plus d’impression que les paroles éloquentes. Il était impossible de la regarder sans partager la profonde tristesse qui paraissait l’accabler. Et sans déplorer l’usage cruel qui autorise, et le zèle qui encourage une jeune et innocente créature, sans art et sans expérience, à renoncer au monde. » Isaac Weld (Voyage au Canada, 1799)

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