Les yeux noirs

 »-. Ou miracle ! C’étaient les mêmes yeux noirs qui m’avaient si doucement envoûté là-bas, dans les murs froids du vieux collège, les yeux noirs de la fée à lunettes, les yeux noirs enfin… Je croyais rêver. J’avais envie de leur crier : -. Beaux yeux noirs, est-ce vous ? Est-ce vous que je retrouve dans un autre visage ? Et si vous saviez comme c’était bien eux ! Impossible de s’y tromper. Les mêmes cils, le même éclat, le même 🔥 noir et contenu.

Mlle Pierrotte allait, venait dans le salon, offrant le sucre, versant le lait, le sourire sur les lèvres, le petit doigt en l’air. C’est à ce moment de la soirée que je revis les yeux noirs. Ils apparurent tout à coup devant moi, lumineux et sympathiques. Puis s’éclipsèrent de nouveau avant que j’eusse pu leur parler… Alors je m’aperçus d’une chose, c’est qu’il y avait en Mlle Pierrotte deux êtres très distincts.





D’abord, Mlle Pierrotte, une petite bourgeoise à bandeaux plats. Et puis les yeux noirs, ces grands yeux poétiques qui s’ouvraient comme deux fleurs de velours et n’avaient qu’à paraître pour transfigurer cet intérieur de quincaillers burlesques. Mlle Pierrotte, je n’en aurais voulu pour rien au monde. Mais les yeux noirs…, Oh ! Les yeux noirs ! » Alphonse Daudet (Le Petit Chose)

2 réflexions sur “Les yeux noirs

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