Ruser avec l’ennemi

 »-. Depuis les commencements de l’histoire, la tribu n’avait pénétré que deux fois à l’intérieur du tepuy, et en ces deux occasions elle l’avait fait pour fuir un puissant ennemi. La première fois, c’était il y a quatre cents ans, lorsque les Gens de la Brume avaient dû se cacher pendant plusieurs semaines d’une troupe de soldats espagnols qui avaient réussi à atteindre l’Oeil du Monde. Quand les guerriers virent que les étrangers tuaient de loin avec des bâtons de fumée et de bruit, sans aucun effort, Ils comprirent que leurs armes étaient inutiles contre les leurs.

Alors ils démontèrent leurs 🏠, enterrèrent leurs rares biens, couvrirent les restes du village de terre et de branchages, effacèrent leurs empreintes et se retirèrent avec les femmes et les enfants au sein du tepuy sacré. Ils y furent protégés par les Dieux jusqu’à ce que les étrangers meurent, l’un après l’autre. Les soldats cherchaient l’Eldorado. Aveuglés par la cupidité, ils finirent par s’entretuer.

La deuxième fois, c’était trois ans auparavant. Quand les grands oiseaux de bruit et de vent des Nahab avaient atterri sur l’Oeil du Monde. De nouveau, les Gens de la Brume s’étaient cachés jusqu’au départ des étrangers, très déçus de n’avoir pas trouvé les mines qu’ils cherchaient. » Isabel Allende (La Cité des dieux sauvages)

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