Revoir Gao

 »-. Il faut que je te dise. C’était, il y a bien longtemps, au bord du fleuve qui a de l’eau, à Gao, enfin, là où mon père était prince… Eh bien, un jour, un jour de fête, il vint de l’intérieur des terres un vieux sorcier, vêtu de peaux et de plumes, avec un masque et un bonnet pointu, des castagnettes, deux najas dans un sac. Sur la place du village, où tous les nôtres faisaient cercle, il dansa la broussadilla. J’étais au premier rang, et parce que j’avais un collier de tourmaline rose, il vit que j’étais la fille d’un chef Sonrhaï. Il me parla alors du passé, du grand empire mandingue, sur lequel mes pères ont régné, de nos ennemis, les féroces Kountas, de tout, enfin, il me dit…-

-. Calme-toi, petite fille. Puis il me dit -. N’aie crainte. Les jours peuvent être méchants pour toi, qu’importe, puisqu’un jour, à l’horizon, tu verras luire Gao, non plus. Gao asservi au rang d’une infime bourgade nègre. Mais le Gao splendide d’autrefois, la grande capitale du pays des Noirs, Gao régénéré, avec la mosquée à sept tours et aux quatorze coupoles de turquoise. Avec les 🏠 aux frais patios, les jets d’eau, les jardins irrigués, tout emplis de grandes fleurs rouges et blanches. Alors ce sera pour toi l’heure de la délivrance et de la royauté.-

Gao, répétait-elle, Ah, je le savais bien. Voilà les arbres et les fontaines, les coupoles et les tours, les palmiers. Et les grandes fleurs rouges et blanches. Gao ! Gao !’Pierre Benoit (L’Atlantide)

2 réflexions sur “Revoir Gao

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