Chèche alors !

 »-. Aurélie finit de s’habiller, boutonna le col serré de son dolman blanc, enfila ses bottes de cuir rouge, délicatement brodées de fils d’or, endossa un burnous blanc tissé très légèrement dans la meilleure des laines. Puis revêtit par-dessus un lourd burnous noir en poil de 🐫, vêtement de voyage qui la protégeait si bien contre le vent de sable.

Comme elle enroulait son chèche :-. Laisse-moi faire, maîtresse ! Il faut que tu sois belle pour entrer dans l’Aïn Madhi… Je vais te coiffer comme doit l’être la femme du Seigneur-. -. Mais. -. Laisse-moi, veux-tu…-. Fais, mais si cela me déplaît je déferai ton travail-.

La petite négresse se contenta de sourire, puis, gravement, commença la mise en place du chèche. Elle enroula l’écharpe de cotonnade blanche longue de huit mètres autour du front et de la nuque d’Aurélie puis, lorsque la chevelure fut entièrement recouverte, passa le tissu sous le menton, entoura le cou, releva l’écharpe sur la bouche, ne laissant qu’une mince fente pour les yeux.

-. Mais je ne veux pas être voilée ! Ah, tu es folle. Je ne porterai jamais le haïk, comme les femmes d’Alger. -. Regarde comme tu es belle, maîtresse !’Roger Frison-Roche (Djebel Amour)

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