Dans la tempête

 »-. La tempête redoublant, les vagues commencèrent à rouler avec une extrême vélocité. Elles se brisaient si impétueusement sur la proue du navire, que ce n’était qu’avec une peine infinie que, six ou sept personnes et moi, qui avions pris notre poste sur le gaillard d’avant, nous pouvions nous tenir par les ✋, pour éviter d’être entraînés.

Pendant plus de quatre heures nous demeurâmes dans cette situation. A chaque instant, nous croyons que le vaisseau allait être mis en pièces, et nous étions exposés au choc de ces terribles masses d’eau qui, après l’intervalle de trois ou quatre minutes, s’avançaient vers nous. Plusieurs paraissaient aussi hautes que le hunier d’artimon. Et quelquefois, lorsqu’elles fondaient sur nous, la force du choc nous faisait presque perdre la respiration.

Quelques-uns des passagers se mirent alors à écrire leur testament sur des morceaux de papier, qu’ils enveloppèrent dans ce qu’ils crurent devoir le mieux les garantir de l’eau. D’autres avaient commencé à tirer de leurs malles ce qu’ils avaient de plus précieux. Nous remarquâmes un malheureux homme, accompagné de sa famille, qui se chargeait de dollars de la tête aux pieds. De sorte que, s’il fût tombé dans l’eau, il eût été infailliblement entraîné au fond. » Isaac Weld (Voyage au Canada, publié en 1799)

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