Comme un goût de sel

 »- . Le groupe du lieutenant et de ses deux officiers juchés sur des chameaux atteignit la rive de la mer Morte près de Mazra’a. Ils quittèrent la piste et s’enfoncèrent dans la presqu’île de Halashon située elle aussi à trois cent soixante mètres au-dessous du niveau de la mer. Ici, les pistes se perdaient dans le sable. La poussière avait un goût de sel, l’air était salé, le vent transportait des effluves de sel, l’haleine était chargée de sel. La vie était exclue de ce coin de terre maudit, antichambre de l’enfer où seul le soleil avait prise. La mer reposait, engluée dans une éternelle paresse, et immobile comme une vitre opaque. Ici régnait l’eau lourde, si chargée de sel qu’on pouvait s’y étendre sans couler.

Une petite patrouille de chameliers traversait tous les matins la presqu’île, pour s’assurer que personne n’y avait pénétré. Leurs tentes s’élevaient à la pointe extrême, comme des champignons blancs, et les quelques êtres humains condamnés à la solitude la plus absolue ne cessaient de gémir après Allah sur un destin aussi cruel.

Point n’était besoin pour ces hommes condamnés à vivre dans le désert de sel de déployer une grande activité. La paresse de la mer était contagieuse, le sommeil représentait la seule chance de survie. » Konsalik (Amour et sable chaud)

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