Le voyage à Varsovie

 »-. Pour aller à Varsovie, le train met vingt-quatre heures, puis il s’enfonce dans la Russie obscure. L’enchantement commence dès la gare du Nord, trois heures de retard vous plongent tout de suite dans un autre monde, nonchalant, incompétent et raffiné. Le train est à l’écart comme sur une voie honteuse. Quand vous l’apercevez, vous comprenez aussitôt que c’est votre train, le train qui va à Varsovie, puis vers l’Oural et les horizons amassés.

Au moment des fêtes de Noël, les exilés retournent vers les familles enneigées. Vous vous demandez comment les bagages tiendront dans les compartiments, tous ces objets de luxe. – On s’arrangera, on s’arrangera.- . La famille est pourtant minuscule, on meurt beaucoup en Pologne, bien plus qu’en France. Les parents sont morts, restent une sœur, un beau-frère, des enfants. On a acheté du vin presque cher. On éblouira tendrement tout ce beau monde là-bas.

Vous passez en silence devant les wagons russes. Les wagons russes sont des épaves grisâtres, étourdissantes. Heureusement vous n’y montez pas. Vous voici devant un wagon polonais tout neuf… Il n’y a aucun chauffage dans le wagon moderne… » Pierre Mérot (Mammifères)

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