Les charmes d’une croisière sur  »Le Salvador »

 »-. Ce fut le cuisinier du Salvador qui nous fit les honneurs du bâtiment. Un métis d’une cinquantaine d’années, fort comme un Turc, le visage ravagé par la petite vérole, l’oeil dur, la bouche bestiale. Il était vêtu d’un pantalon de toile couvert de cambouis et d’un maillot de corps douteux. En un mot, un cuisinier appétissant.

Notre cabine ne l’était pas moins. A peine avions-nous pénétré dans les flancs obscurs de notre caboteur de 25mètres, qu’une odeur de mazout, d’huile brûlée et de poisson pourri nous emplit les narines pour ne plus nous quitter. Je partageais avec ma femme un carré de deux mètres sur deux, garni de deux grabats superposés. Des planches avec un matelas mince et crasseux sur lesquels grouillaient des araignées et d’autres bestioles. Bien entendu, ni lavabo, ni toilettes.

Certes, sur le Mékong au Cambodge, ou sur l’Oubangui, il m’est arrivé de voyager dans de plus mauvaises conditions. Mais ici, la Compagnie m’avait laissé le choix entre les secondes classes et les premières. Or, nous avions choisi, et payé, des premières, par égard pour ma femme dont ce serait la première croisière tropicale. Vers 15h, après un joyeux coup de sirène, le Salvador s’éloigna du quai, prit un peu de vitesse et, tremblant de toutes ses tôles, se dirigea vers le môle de sortie. » J. C. Berrier

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