En ces lieux maudits

 »-. Depuis longtemps, Phalasarna a disparu des chroniques. La ville est morte, non sous les coups d’un envahisseur, mais parce que son sol s’est soulevé. Retrouver les vestiges de ce passé florissant est une aventure fatale aux véhicules non spécialisés. La côte n’est pas moins malsaine, sur un écueil un bateau de débarquement achève lentement de pourrir ses tôles. Mais, au bout de la piste exécrable, coupée de fondrières et d’arbustes, le spectacle est insolite. Un des endroits les plus sinistres de l’île. La vie s’est retirée avec la mer. Seuls les cris d’un corbeau égaré ou la dynamite d’un pêcheur hors-la-loi troublent parfois le lourd silence. Ni berger, ni agriculteur, ni bétail ! Les Crétois auraient-ils peur de ces lieux maudits laissés sans héritiers ?

Le port est toujours là, pourtant. A 500 mètres dans les terres et à 8 mètres au-dessus du niveau marin, gisant comme une charogne le ventre à l’air, parmi les lentisques et les chardons. Dans les bassins où tant de navires dansèrent sur les amarres, des lapins de garenne ont creusé des galeries parmi les coquillages desséchés. Sur une colline, d’étranges blocs monolithiques, qui furent peut-être des dieux, montent une garde rigide. Voici Phalasarna, qui fut assez riche d’hommes et d’argent pour battre monnaie, fournir trois mille guerriers. Et susciter la convoitise. » Freddy Tondeur (Crète, Île des Dieux)

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