Ma meilleure amie

De l’âge bête à la fin de l’adolescence, il n’est pas de fille qui ne possède une meilleure amie à qui l’on ne cache rien, une oreille attentive, une personne du même âge avec qui l’on peut partager les fous rires et les larmes, les bonheurs et les indignations. On la trimbale partout, on la brandit, on ne peut s’en passer. Elle succède à l’ours en peluche de la petite enfance. Elle est l’intermédiaire entre les parents, les frères et sœurs à qui l’on peut tout dire et les autres, les étrangers innombrables d’un monde trop vaste pour ne pas être inquiétant.

Cette meilleure amie est une confidente, une suivante, une subalterne de toute façon, quelquefois un repoussoir, au mieux un faire-valoir. C’est une oreille attentive, complice, c’est aussi un conseil. Elle est ce que Oenone est à Phèdre ou Phénice pour Bérénice. Malléable, patiente, un peu maso, modeste, elle peut, à l’occasion, servir de passe-nerfs. Sa docilité, sa capacité d’admiration président à son élection mais peuvent, aussi, déterminer son éviction. C’est que l’admiration recèle souvent une jalousie obscure qui, bien chauffée, peut transformer la meilleure amie en la plus cordiale des ennemies. Quand l’esclave révoltée revendique enfin, pour elle, la meilleure part. » Geneviève Dormann (La petite ✋)

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