Rue du Bac, à Paris

 »-. C’est le mois d’avril. La pleine lune, énorme, glisse sur les arbres d’un jardin secret, surprenante oasis à laquelle on accède après avoir franchi le porche d’un immeuble en bordure de rue. Il y a, au fond de ce jardin, une maison du début du dix-neuvième siècle, 🏠 patricienne, carrée et cossue, aussi anachronique que son jardin tronqué dont elle occupe presque toute la largeur. Avec ses murs de pierres blanches, son fronton triangulaire, son haut toit d’ardoise, avec ses volets de bois et son perron surélevé, abrité d’une marquise de verre, cette 🏠, sûrement imposante autrefois, semble, aujourd’hui, écrasée par les falaises d’habitations plus contemporaines qui la surplombent.

Au milieu de la pelouse, devant la 🏠, un bassin de pierre à la margelle ronde, comme usée par des générations de ventres d’enfants fascinés par l’eau, la navigation ou la capture des cyprins qui font passer de sournois éclats de rubis sur le fond de vase obscure. Dressé sur un pied, au centre du bassin, un Amour de pierre lève un bras grassouillet vers la lune qui l’enveloppe d’une lumière laiteuse. Il a, sur la tête, une perruque de caca de pigeon. Sur la pelouse, un ballon oublié et, le long de la haie, un vieux jeu de tonneau avec sa grenouille de fonte, gueule béante, qui avale, depuis un siècle, des galets de plomb. » Geneviève Dormann (La petite ✋)

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