La  »petite mort »

 »-. Mais quand donc se produisaient ces tremblements, ces vertiges bienheureux, ces éblouissements, cette  »petite mort » qui faisait sombrer les amants à l’unisson, leur faisant oublier le lieu et le temps ? A la longue, Sophie s’était dit que toutes ces choses ne sont qu’inventions de poètes. Des mensonges de littérateurs qui arrangeaient tout le monde et se colportaient d’un siècle à l’autre. Depuis la nuit des temps, pour convaincre les femmes de se prêter à des exercices qui ne comblaient vraiment que les hommes.

Oui, le plaisir d’amour n’était qu’un leurre. Une tromperie universelle. Comme les ortolans, dont elle avait longtemps cru, parce qu’on le lui avait assuré, qu’ils étaient le mets le plus délectable, jusqu’à ce qu’elle en mange et s’aperçoive qu’il ne s’agissait que de petits amas d’ossements baignant dans la graisse. Oui, l’amour c’était comme les ortolans. Et de cela elle s’était fait une raison qu’elle résumait brutalement, l’amour n’est qu’un moment pas très agréable à passer. Mais qui permet d’avoir des enfants, ce qui empêche l’humanité de s’éteindre. Point. » Geneviève Dormann (Le Roman de Sophie Trébuchet)

2 réflexions sur “La  »petite mort »

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s