Les jurons de Paris

 »-. Dieu, que ce Paris ressemble peu à ce qu’elle en a imaginé ! Cette foule immense, bruyante, tourbillonnante, cette foule, ce mouvement incessant des fiacres, des charrettes, des tombereaux, des calèches et des cabriolets, des phaétons et des wiskis. Et ce vacarme qui cesse à peine la nuit, ces cris de marchands d’herbes, de fruits, d’eau, de hardes, de balais, de sable. Ce tintamarre des attelages qui se heurtent, s’accrochent dans les rues étroites, s’agglutinent en d’inextricables conglomérats d’où fusent jurons, invectives et claquements de fouet.

Et cette saleté, cette boue qui gicle de partout dès qu’il pleut, rend les pavés glissants, mortels. Et ces ordures qui pourrissent dans les ruisseaux et les encoignures, ces odeurs de décomposition et d’urine que le moindre coup de ☀️ rend intolérables. Ces hargnes de femelles qui se disputent un chou ou un homme, tandis que leurs voix suraigües échangent des injures éblouissantes :-. Vérolée, savate de tripière, putain, banqueroute, bonnet vert, torche-cul d’abbés, squelette, cancéreuse, puante !’ Geneviève Dormann (Le Roman de Sophie Trébuchet)

50x70cm  » Les pipelettes », vendu

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