Lima-Ferraille

-. Dehors, c’est le marché. Encore des poissons terreux. Des femmes accroupies vendent des légumes ternes… Il n’y a que les pays où l’on ne mange pas pour avoir des marchés aussi vastes… Sacs de grains, d’aromates, jattes d’huile… De chaque fruit coule un sirop où ronflent les guêpes… Rues droites, ce sont des blocs à l’américaine. Des publicités sur panneaux métalliques défoncés… Ici, c’est Callao… Les rues aux 🏠 absentes, les hangars et le bordel à six cents places, le plus grand de l’Amérique latine.

-. On va vers le port ?- Le Pacifique huileux est gris comme un cuirassier. Des gosses jettent des lignes en haut des jetées sombres. Des palissades cerclent le vide des terrains vagues, façades éventrées donnant sur le vent. On peut passer la tête derrière, c’est un décor, il n’y a rien que des carcasses désossées et, à perte de vue, les tiges de fer rouillées du béton armé, bataillons serrés de ferrailles pointues. Une gigantesque armée souterraine présente les armes et n’affleure que la pointe aiguë des baïonnettes. La terre est rayée de ces verticales, des premières vagues jusqu’aux brumes des plaines plates. Lima-limaille. » Patrick Cauvin (C’était le Pérou)

2 réflexions sur “Lima-Ferraille

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s